FC Oasis, l’autre victime de la Forfaiture de la FFRIM

Chaque saison de football en Mauritanie et ses scandales. Si la saison 2016-2017 a été marquée par le hold-up sur la Garde Nationale, injustement écartée de la finale de la coupe nationale, la victime pour la présente saison 2017-2018 s’appelle FC Oasis, un club de 2ème division qui s’est vu spolié par la maffia tapie au sein de la Fédération Mauritanienne de Football. Ici comme avant, falsification de licence, faux et usage de faux de la part d’une fantomatique Commission de recours. Retour sur une injustice qui secoue le football mauritanien et qui a valu aux dirigeants du FC Oasis de sortir de leur gong, lors d’une conférence de presse animée lundi 28 mai dernier.

Les dirigeants du FC Oasis lors de la conférence de presse (Photo Aidara)

« Déshabiller Paul pour habiller Jean« . C’est le malheur que vit ces jours-ci le FC Oasis qui vient de se faire voler une qualification au Play-Off pour une montée en première division. Un vol si imparfait pour faire plaisir à l’équipe de l’Armée qui, légalement, doit redoubler en seconde division selon les règlements de la Fédération mauritanienne de football (FRIM), règlements piétinés chaque année pour faire plaisir à des amis et écraser soit des ennemis ou porter préjudice à d’innocents dirigeants qui ont sué sang et eau pendant toute une saison.

De quoi s’agit-il ?

FC Oasis, 2ème au classement de la Super Divion 2, s’était qualifié aux termes de sa dernière rencontre, remportée contre Delta par 13 buts à 0. Son concurrent direct, l’AS Armée, n’avait pas pu faire mieux qu’un match nul devant Dar-Barka 1 but partout, ce qui le maintenait en deuxième division. Mais c’était sans compter avec ses dirigeants qui portèrent d’abord réserve contre un joueur de Dar El Barka, Mohamed El Mokhtar, l’accusant d’avoir joué le match qui les avait opposés, alors qu’il disposait de deux cartons jaunes.

La Commission de Discipline, saisie de cette réserve rendit son verdict le 5 mai 2018 et débouta l’Armée. Le joueur en question était à son premier carton jaune et pouvait valablement jouer le match qui avait opposé son équipe à l’Armée. Le nul, 1 but partout, était donc maintenu et le maintien de l’Armée en deuxième division avec.

Espérance Dar-Naïm, le Cheval de Troie

L’Espérance de Dar-Naïm allait jouer au sauveur de l’Armée. Après avoir été débouté par la Commission de Discipline suite à la réserve contre son ancien sociétaire, Thewbane Sghair, il allait saisir la Commission de Recours. Et c’est là où apparaissent les fils d’une machination mal montée.

Fiche de libération du joueur

En effet, la première réserve portée par l’Espérance de Dar-Naïm contre le FC Oasis portait sur le joueur Thewbane Sghaïr. Or, ce joueur dispose d’une fiche de libération signée par le Secrétaire général de l’Espérance de Dar-Naim le 20 août 2017. Dans sa réponse, la Commission de Discipline, fort du dossier du joueur, avait débouté l’Espérance de Dar-Naïm et confirmé l’appartenance du joueur au FC Oasis. Normalement, la Commission de Recours, saisie par l’Espérance de Dar-Naïm devait trancher uniquement sur cet aspect, relatif à l’appartenance ou non du joueur au FC Oasis.

Lice,ce du joueur avec Espérance de Dar-Naïm, avec son numéro
Fausse licence du Ksar sans numéro

Mais la Commission de Recours, sachant qu’il ne pouvait trouver de faille sur la validité légale de l’appartenance du joueur au FC Oasis va sortir un problème de double licence. A la surprise générale, y compris celle du joueur mis en cause et des dirigeants du club, la Commission de Recours brandit une licence du joueur avec le Ksar. D’abord, la licence ne porte aucun numéro et le joueur n’est pas au courant. Or, pour qu’une licence soit valable, il faut qu’elle soit signée par le joueur. Ensuite, le joueur affirme n’avoir jamais signé un contrat ni joué avec le Ksar. « D’où sort cette licence? Où est le dossier de fond de cette licence? » s’est demandé le président de FC Oasis, Sidi Ould Imijine, lors de la conférence de presse animée lundi 28 mai dernier. La Commission de Recours déclare avoir mené des « enquêtes approfondies » qui lui ont permis de découvrir cette double licence, alors qu’elle n’a jamais entendu le joueur en question, ni le FC Oasis, selon les intéressés.

« D’autre part, se demande le président du club, qui délivre les licences ? Ce n’est pas nous qui faisons les licences et s’il y a double licence, il faut chercher la forfaiture au sein de la FFRIM« .

Ensuite, la Commission de Recours semble n’avoir été intéressée dans tout ce subterfuge que par les trois points qui allaient être retirés à FC Oasis, ce qui permettait à l’AS Armée de monter pour les Play-Off. Par ce fait, la Commission de Recours a commis un acte illégal qui démontre la forfaiture qui entoure cette affaire, car elle aurait dû prendre 3 points sur tous les matchs joués durant la saison par FC Oasis, car le joueur mis en cause a disputé tous les matchs de la Super D 2. Mais là, ce serait un risque aussi pour l’Armée, car cette distribution de points pourrait réserver d’autres surprises qui pourraient compromettre sa montée en Play-Off.

Qui de la Commission de Recours ?
S’il y a une structure méconnue, fantomatique et obscure au sein de la FFRIM, c’est bien la Commission de Recours. Personne n’en connaît les membres, elle ne dispose pas de bureaux, et son président, un certain Mohamed Maatala Barka est un parfait inconnu. Personne ne l’a jamais vu ni ne le connaît. Il ne sortirait de sa tanière apparemment que pour les sales coups du genre à sortir des licences sans numéro, de mener des enquêtes qui ignorent les principaux intéressés et qui statue en dernier recours, loin de l’objet de la plainte introduite en première instance auprès de la Commission de Discipline.

Affaire à suivre
Ce qui est sûr, les dirigeants du FC Oasis déclarent qu’ils ne baisseront jamais les bras. Ils ont adressé des correspondances à la Présidence de la République, à la Primature, au Ministère de la Jeunesse et des Sports et au Président de la FFRIM pour les édifier sur cette injustice dont elle est l’objet. Cette étape passée, ils comptent saisir le Tribunal Arbitral Sportif (TAS). « Il est inconcevable qu’après tant de sacrifices, de travail et d’abnégation, on nous retire notre dû pour l’offrir à d’autres » a confié Sidi Imijine.

Non contente d’avoir infligé au FC Oasis une flagrante injustice bâtie sur un tapis de faux, le fantomatique président de la Commission de Recours a également accablé le club et le joueur. Ce dernier n’a plus de licence et devra rester deux ans sans jouer au football. Le Secrétaire générale de l’équipe est suspendu lui aussi pour une durée de 3 mois. Enfin, FC Oasis devra casquer 10.000 N-UM d’amende.

Cheikh Aïdara

 

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